NOTRE DAME DU CHÂTEAU

Table d'orientation à Notre Dame du Château


Le terrain fut vendu à diverses familles, dont la famille Cayer-Barrioz, qui en fit don au moment de la construction de ce monument. C’est le Curé Charpenay qui eut l’idée d’ériger cette statue monumentale de la vierge à la place de l’ancien château fort qui défendait autrefois la seigneurie. Le monument fut inauguré le 28 août 1866. Le curé Guillon raconte qu’il a fallu 18 mois pour l’ériger. Sa construction à plusieurs étages en pyramide est très originale et lui donne un style « oriental », comme Louis Guillon aimait le dire. La vierge mesure selon les dire trois fois l’originale. Elle sort des ateliers Baud et Penel à Lyon, où elle fut coulée. Elle fut amenée de Voiron à Miribel grâce à une vingtaine de paires de bœufs.

Quant à la chapelle, elle ne fut construite qu’en 1899, sur décision du curé Meyer. Elle a déjà connu plusieurs transformations et a perdu son clocher. Elle fut restaurée au tout début des années 1920 car la première toiture n’avait pas résisté. L’ensemble est illuminé la nuit depuis le milieu des années 1960.

CHAPELLE DE L'ALUMNAT

Fondation de la congrégation des Assomptionnistes

La congrégation des « Augustins de l’Assomption » (ou Assomptionnistes) fut créée entre 1845 et 1850 par Emmanuel d’Alzon (1810-1880), un prêtre originaire de Montpellier. Les vocations étant rares dans les milieux aisés. En 1871, il décida donc de créer un premier alumnat destiné à l'enseignement et à l'encadrement des jeunes issus de milieux populaires souhaitant devenir prêtres. Situé à Beaufort sur Doron, il fut suivi par d'autres créations, dont celle de Miribel. La congrégation voue un culte tout particulier à la Vierge.

L’arrivée des alumnistes à Miribel

C’est en décembre 1887 qu’arrivèrent de Beaufort sur Doron les premiers séminaristes et les pères Frédéric Reynaud et Vincent de Chaîne. Claude Quénart, qui fut plus tard général de l’ordre et qui fit partit des premiers alumnistes de Miribel, a laissé un témoignage de cette arrivée en Chartreuse. Les prêtres de la région avaient permis cette installation. En effet, quelques mois auparavant, ils avaient acheté une parcelle de terrain ainsi que quelques bâtiments pour les mettre à disposition des Assomptionnistes. C’est dans une maison modeste qu’ils s’installèrent.

Développement de l’alumnat

Les années qui suivirent furent marquées par un développement foncier important. C’est entre 1887 et 1899 que la plupart des bâtiments que vous pouvez voir ont été bâtis. La construction de la chapelle fut annoncée en octobre 1896. La première pierre fut posée le 13 juin 1898, après avoir récolté les quelque 23000 francs nécessaires à sa réalisation.

La chapelle, un joyau architectural

La manière dont est construite la chapelle la rend unique en son genre. Elle a été bâtie au-dessus d’un théâtre qui constitue la crypte. Elle relève d'un mélange des genres : rosace proche du style gothique, chapiteaux composites, intérieur plutôt classique, arcs en plein cintre qui lui donnent une touche romane... Ce mélange de styles était courant au XIXème siècle. Les jeux de couleurs créés par l’alternance de différents types de pierres est très intéressant et donnent un style oriental à l’ensemble.

Les vitraux art-déco, l’orgue, le gisant de Saint Florent ou les stalles  en bois massif sont autant d’éléments qui confèrent un charme unique à cette chapelle. 

LE PONT DE PIERRE CHAVE

Le pont de Pierre Chave est aussi appelé « Tourniquet du pont de Pierre Chave », sa configuration routière est surprenante et extrêmement rare. Il est situé sur la route départementale reliant Saint Aupre à Miribel et est une des « portes » du territoire miribelain. Les origines de ce passage sont lointaines : c’est un «  De Miribel », Amédée de son prénom, qui en 1431 fit percer la roche du « poys » pour y faire passer une toute nouvelle route. Cependant, la route n’existait pas encore dans sa configuration actuelle. C’est au milieu du XIXe siècle que, pour réduire la pente, on décida d’édifier un pont entre les deux rochers du passage. Le tablier fut posé en 1886. L’ancienne route, qui existe toujours, a été délaissée au profit de ce nouveau passage qui a permis de réduire la pente de 14 à 7%. 

Antiquité de l'histoire du Village

L'ORATOIRE DE LA SÉVERINE


Lors de la démolition de l’ancienne église en 1876, on confia une statuette de la vierge et une autre de Sainte Anne à une femme qu’on appelait la « Ména ». Celle-ci les déposa dans un bois qu’elle possédait au lieu-dit des Grangettes, contre un rocher. Elle y aménagea une petite maisonnette de bois. Quand elle mourut, Séverine Vivier, qu’elle avait élevée, hérita de ses biens et continua d’entretenir la petite chapelle. Lorsqu’elle-même mourut, elle légua le bois aux assomptionnistes qui la restaurèrent. Puis, quand les religieux de l’Alumnat quittèrent Miribel, les bois furent vendus à M. Guy Cayer-Barrioz et l’oratoire continua d’être entretenu. En 2006, les « mousquetaires », nos bénévoles retraités la reconstruisirent en pierre, sur son lieu d’origine (l’oratoire avait entre-temps été déplacé). Une statue en plâtre de la Vierge a remplacé celle en bois qui trône aujourd’hui près de la chapelle de la Vierge, dans l’église. Quant à la statuette de Sainte Anne, elle s’est envolée au cours d’une tempête en 1982 et ne fut jamais retrouvée.

LE CAVEAU INACHEVÉ 

Sans doute ce caveau a-t-il été construit à la même époque que l’église. On sait peu de choses sur ses origines. On suppose que la personne qui a voulu l’édifier est morte avant d’avoir terminé. Cache d’un trésor, prison… ce monument nourrit l’imagination des plus jeunes !

PIERRE DES LÉPREUX 

Située près du hameau de la Combe, cette étendue rocheuse plane est connue à Miribel comme étant le vestige de l’habitat d’un lépreux. Cette maladie qui sévit jusqu’au XVIIe siècle dans la région était incurable et extrêmement contagieuse, c’est pour cela que les malades vivaient isolés du reste de la population. D’après la légende on venait apporter de la nourriture au malade dans un récipient fixé au bout d’une longue perche. Il n’y a aucune preuve écrite de l’existence de ces lieux à Miribel, mais leur présence est attestée dans d’autres communes aux alentours comme à Saint-Etienne-de-Crossey.

Au centre de la pierre est gravé le monogramme du Christ (IHS , abréviation de « Jésus » en Grec). D’autres signes de ce genre se trouvent sur le territoire de Miribel, comme à la chapelle de Saint Roch, ou encore dans la rue Basse

CHAPELLE DE SAINT ROCH

La chapelle de Saint Roch fut édifiée en 1631 et a donné son nom au hameau où elle se trouve. La décision de bâtir cette chapelle était consécutive à l’épidémie de peste qui a décimé de nombreuses villes entre 1628 et 1630, excepté Miribel. Sa construction était donc un remerciement à Saint Roch, saint que l’on invoquait pour se prémunir des épidémies de peste. Cette chapelle a été restaurée plusieurs fois, pour la dernière fois il y a une vingtaine d’années.

L'EGLISE

D’après Miribel, ton église 1880-1980, 1980

 

On possède peu d’informations sur l’ancienne église, elle était sans doute très ancienne. On estime sa construction entre le XIIe et le XVe siècle car elle possédait des caractéristiques gothiques : ogives, arcs brisés… En 1874 le conseil de fabrique (qui gérait les biens de la paroisse) a reconnu la nécessité de faire reconstruire l’église, dont le délabrement mettait en danger les fidèles. L’ancienne église était entourée du cimetière du village. Il arrive par ailleurs que lors de travaux des ossements soient découverts. L’architecte, Monsieur Riondel, et les entreprises en charge des travaux, Visoud et Coup-la-Fronde furent désignés. L’argent manqua dès les premiers mois. En 1879, une grande partie des travaux avaient déjà été réalisés, cependant, les estimations fixées au départ étaient largement dépassées. Les entrepreneurs menacèrent d’arrêter les travaux. Pour abréger les péripéties qui suivirent, il convient simplement de faire remarquer que l’église ne fut jamais terminée, la pointe du clocher ne fut jamais construite. Le curé de Miribel a longtemps dû supporter les railleries de ses confrères concernant ce clocher : pour beaucoup, il ressemblait davantage à la couverture d’un pigeonnier. C’est pour y mettre fin qu’on installa une croix à son sommet. L’architecture de l’église est assez originale. La roche calcaire avec laquelle elle est construite lui donne une blancheur éclatante. Sa taille impressionne, elle possède de plus de beaux aménagements originaux : une tribune, de beaux vitraux, un chemin de croix offert par les Chartreux…

MONUMENT AUX MORTS

Il fut édifié en 1922 et comporte les noms des 54 soldats morts pendant la grande guerre ainsi que les noms de ceux morts pendant le Seconde Guerre Mondiale. Il représente un soldat mort dans les bras d’une femme. Il est un des seuls aux alentours à ne pas glorifier le patriotisme. On insiste ici sur le deuil causé et sur les réelles conséquences de la guerre. 

Une autre plaque commémorative est fixée au mur sous le porche.

LE TROU DU LOUP

La forêt était jusqu’au milieu du XIXe siècle peuplée de ces animaux dont la réputation de mangeurs d’hommes et de troupeaux leur a valu d’être exterminés. En 1845, une battue fut organisée pour en abattre. En Isère, entre 1580 et 1840, on estime qu’environ 200 décès  ont été causés par le loup enragé ou non.

Il y a une autre origine possible au nom « trou du loup ». A une certaine époque, la tradition voulait que quand deux personnes s’étaient mariées, étaient rentrées de leur voyage de noce et que le mari venait habiter chez sa femme, la première nuit, les mariés devaient dormir dans une sorte de hutte en branches que leurs voisins avaient construite pendant leur voyage. L’homme qui arrivait chez sa femme était alors appelé « loup ». Peut-être ont-ils été contraints de dormir dans cette grotte ?

La grotte a selon les légendes locales été le témoin de nombreux événements. On dit par exemple que la fille du châtelain y venait au rendez-vous. La caverne étant proche de la colline du château, il aurait donc été facile de s’y rendre pour la jeune femme sans se faire remarquer.

On raconte également qu’un habitant de Miribel, qui voulait donner une dernière demeure à son cheval eut l’idée de déposer sa dépouille dans la grotte. En quelques jours le cheval fut dévoré par les animaux des alentours et presque personne n’eut le temps de se plaindre de cette idée.

Une légende raconte qu’un souterrain reliait le château à cette grotte…

LE VILLARD

Le Villard est sans doute le plus vieux hameau de Miribel. Le toponyme « Villard » a deux origines probables. Il viendrait soit du celte « vil » (village) et « ard » (haut) soit du latin « villardium » (village au milieu de la campagne). Le seigneur y tenait ses bancs et y rendait la Justice. Le bassin qui s’y trouve est un des plus anciens de Miribel, on peut encore y lire la date « 1573 ». On accordait autrefois à l’eau de cette source des vertus thérapeutiques.

RUE DES BALCONS

Il s’agit sans doute du quartier le plus pittoresque de Miribel. Il nous ferait presque penser à une ruelle médiévale. Tout comme le reste du bourg, il comprenait autrefois plusieurs commerces. Avant le milieu du XIXe siècle, les activités dans les villages étaient très nombreuses et variées. Louis Guillon mentionne dans son livre des épiciers, un boucher, des garagistes, un mécanicien, deux boulangers, un maréchal-ferrant, deux menuisiers, un modiste, une couturière et des cafetiers. Jusque dans les années 80, on dénombrait 12 bars à Miribel.

Pierres « druidiques » de Miribel

LA PIERRE A CUPULES 

Une dizaine de mètres devant la caserne des pompiers, trône une pierre appelée « pierre à cupules » à causes des cavités circulaires qui la recouvrent. Cette pierre a été trouvée près du hameau de la Montagne dans les années 80. 

LA PIERRE A MATA

Elle est située entre Miribel et Merlas, non loin de la Croix de Saint Roch, pour y accéder il faut emprunter le chemin sur lequel se trouvent des bornes médiévales (les bornes des Clermont-Tonnerre). C'est sans doute celle qui est la plus connue dans la région, avec un nom qui étymologiquement signifie "pierre à tuer". 

PIERRE AIGUË

- Pierre Aiguë (anciennement appelée pierre du Frou) : Il s’agit d’un bloc erratique est posé sur trois autres rochers plus petits. Selon la légende, cette pierre tournerait trois fois sur elle-même le soir de Noël. A vous d’aller vérifier ! 

PIERRE DE LENTILLERE


- Pierre de Lentillère : Il s’agit d’un gros bloc de pierre situé juste à côté de la pierre "à sacrifice", proche de la croix de Tempéta.

PIERRE DU NEZET

- Pierre du Nézet (ou Neyzet) : Elle est située au lieu-dit du Néset, sur la gauche au bord de la route en montant au camping.

PIERRE A SACRIFICE


-Pierre à sacrifice : située à quelques mètres de la pierre de Lentillère. Elle doit son nom à ses cavités qui devaient drainer le sang lors des sacrifices : ici aussi, personne ne peut le confimer.

BORNES MEDIEVALES

Sur les hauteurs de Miribel, de la croix du col des Mille Martyrs jusqu’à la pierre à Mata, se trouvent une dizaine de bornes médiévales. Elles furent posées à la fin du XVe siècle pour délimiter les territoires de Miribel et  des seigneurs de Clermont qui avaient pour emblèmes deux clefs croisées, que l'on retrouve sculptées sur ces bornes.

LA CROIX DU COL DES MILLE MARTYRS

LA CROIX DU COL DES MILLE MARTYRS

En 1492, les seigneurs de Clermont firent don de  reliques à un monastère de Pont de Beauvoisin. Ces reliques étaient celles des 10000 martyrs, dont l’origine fait encore débat. Une procession fut organisée chaque année à la Pentecôte jusqu’à Pont de Beauvoisin, en passant par ce qui sera appelé plus tard « col des Mille Martyrs ». Comme la route était longue et que la soif engendrée donnait lieu à quelques débordements, la procession fut suspendue. On fit alors la demande d’ériger une croix afin de raccourcir le trajet. Dès lors, la procession perdura des siècles durant mais s’arrêta au « col des Mille Martyrs ». 

LES CROIX :

Les croix sont tellement nombreuses à Miribel que leur nombre fait débat. Certaines sont en bois et d’autres en pierre : en voici la liste :

Croix de la Poste
Croix Saint Marc
Croix de la Roseraie
Croix Sainte Anne (Croix de la Combette)
Croix de la Chapelle de l’Alumnat

Croix de Chailles

Croix Bâtard (croix des Bâches)
Croix de la Billonière (Croix des Coques)
Croix Notre Dame de la Salette (Croix de la Côte)
Croix de Morge

Croix TitPas (Croix du Babolin ou Croix Cocat)

Croix de la Grassetière
Croix du Perron

Croix du Curé
Croix des Combes
Croix des Familles

Croix de la Chapelle de Saint Roch
Croix de Pierre Chave (Croix des Verneys ou des Vallet)

Croix du Frou
Croix du cimetière
Croix Saint Maurice (Croix du Villard)
Croix Cottin

Croix de Saint Jacques (Croix du Til)
Croix des Lépreux (Croix Saint André)
Croix Saint Antoine

Croix du Mont
Croix de Peréaz
Croix du Christ Taillé

Croix du Perron (Croix de Pierre Aiguë)
Croix du Grand Cossert
Croix de Saint Roch (Croix de Pierre Taillée)

Croix des Mille Martyrs
Croix de Tempétaz
Croix de Marfay (Croix Feugier)

La plus ancienne est la croix de Saint Roch, près du hameau du Hautpellier. Elle date de 1670. 

Une autre serait au moins aussi ancienne et serait le dernier vestige d’un cimetière : c’est la croix Saint André, à la Mortière.

Vue depuis la croix de Perréaz



 

ANTIQUITE DE L'HISTOIRE  DU VILLAGE

Au Ve siècle avant J.-C., une tribu Celte, les allobroges, occupaient le territoire compris entre le Rhône et les Alpes. Comme témoin de cette occupation, plusieurs monnaies jadis utilisées par ce peuple furent mises au jour :  un exemplaire connu sur la commune de Miribel datant de 60 à 70 avant J.-C., et non loin de là, sur la commune de St Laurent du Pont, à Villette, un trésor monétaire dans lequel se trouvait des monnaie datant de 141 à 45 avant J.-C.


Merci au groupe de travail de l'Alumnat qui a fait ces textes d'après les ouvrages "Miribel-les-Echelles" de J.Descotes-Genon, "L'Alumnat de Miribel les Échelles en Chartreuse" de Martine Galiano et "Miribel les Échelles" de Louis Guillon